Je n'écris jamais ce genre de lettre. Mais depuis le mariage de ma nièce, plus d'une amie m'a demandé ce qui m'était arrivé. Et la vraie réponse est plus grande que je ne le pensais. Alors je l'écris.
Tout commence par une photo. J'ai sept ans, une robe du dimanche à col à volants et des souliers vernis à bride. Et je suis debout sur les pieds de mon père. Il me faisait danser comme ça à travers le salon, chaque samedi soir, sur les chansons de la radio. « Accroche-toi bien, ma puce », disait-il. Je ne me suis jamais sentie aussi en sécurité.
Puis j'ai grandi. Il y a eu les escarpins pour le bureau, les ballerines pour tout le reste, et près de quarante ans de conviction qu'une chaussure élégante doit forcément faire mal. Pendant ce temps, j'ai presque cessé de danser. À mon mari Jean-Pierre, je finissais par dire : « Vas-y, toi, mes pieds. »
On n'abandonne pas d'un coup. On abandonne un peu plus chaque année, et un jour on dit « mes pieds » alors qu'on veut dire « j'aimerais bien ».
Je m'étais acheté une belle paire pour l'occasion. Au bout d'une heure de cérémonie, je ne pensais plus qu'à une chose : m'asseoir et les enlever sous la table. Mon pied glissait vers l'avant à chaque pas, et les chaussures ne me tenaient pas du tout.
Puis l'orchestre s'est mis à jouer. Jean-Pierre s'est levé, m'a tendu la main et n'a rien dit. Il n'a jamais rien dit, pendant toutes ces années. Il demandait, chaque fois, avec les yeux.
J'ai secoué la tête. Et je l'ai vu baisser lentement la main. Ce moment m'a fait plus mal que n'importe quelle chaussure.
Nicole, ma plus vieille amie, était assise à côté de moi. Elle n'a rien dit, elle a juste montré ses pieds. Une Mary Jane toute simple, avec une bride, qu'elle portait depuis le matin sans jamais y penser. « Mattea, de Lucie Maison », a-t-elle chuchoté. « Je les ai en marron et en noir. Tu te souviens de ce que tu portais à sept ans ? »
Je les ai commandées le soir même. Les larmes aux yeux, pour être honnête, avant même le dessert.
Parce que je n'arrivais pas à choisir, et parce qu'avec deux articles, 10 % de remise se déduisent automatiquement dans le panier. Je n'ai eu aucune démarche à faire.
La première paire s'est imposée : la Mattea en marron, pour les jeans, les promenades et le quotidien. La seconde, je l'ai trouvée dans la collection : la Delacroix en bordeaux. Elle a un petit talon, « quelques centimètres seulement, larges et posés », comme le dit la page. La paire pour les robes et les grandes occasions, où je portais autrefois des escarpins et je souffrais. Et pour une soirée bien précise.
Puis le colis est arrivé, avec les deux boîtes à chaussures.

Mattea en marron et Delacroix en bordeaux, côte à côte.

La Delacroix en bordeaux, un soir avec une robe.
Trois semaines plus tard, c'était notre quarantième anniversaire de mariage. Jean-Pierre avait réservé une table dans notre vieux restaurant préféré, et j'ai mis la Delacroix avec ma robe noire. J'étais nerveuse comme une jeune fille.
Puis le pianiste a joué « notre » chanson. Jean-Pierre s'est levé et m'a tendu la main, comme au mariage, sans un mot. Cette fois, je l'ai prise.
Nous avons dansé. Pas bien, pas longtemps, mais nous avons dansé. Je n'ai même pas pensé au petit talon, seulement à la main de Jean-Pierre et à mon père, aux souliers vernis, à « accroche-toi bien ».
Quand la musique s'est arrêtée, il m'a regardée et a dit doucement : « Tu danses de nouveau. » Rien de plus. J'ai dû m'appuyer un instant contre son épaule.
| Mes anciennes chaussures | Mattea et Delacroix |
|---|---|
| Aucune bride, le pied glisse | Une bride qui assure le maintien |
| Intérieur dur, orteils écrasés | Rembourrage qui amortit les pas |
| Semelle qui glisse sur le carrelage | Semelle antidérapante et durable (Mattea) |
| Talon haut et instable | Quelques centimètres seulement, large et posé (Delacroix) |
| Réservées aux grandes occasions | Élégantes, et pensées pour la journée entière |

Ma Mattea en marron. Depuis ce soir-là, je ne les quitte presque plus.
Je serai honnête : en voyant le prix, j'ai d'abord cherché le piège. Mais Lucie Maison fête ses 15 ans et fait une promotion sur cette collection.
La Mattea est actuellement à CHF 64.95, au lieu de CHF 163.00, et la Delacroix à CHF 59.95, au lieu de CHF 150.00. Il y a aussi des remises automatiques selon la quantité : 10 % pour deux articles, 15 % pour trois, 20 % pour quatre et 25 % à partir de cinq. Voilà pourquoi j'ai pris les deux.
Cette collection est en cours d'arrêt et le stock est limité. La livraison est gratuite en Suisse, en France, en Belgique et au Luxembourg, et vous disposez de 30 jours pour retourner votre commande.
Si, comme moi, vous avez fini par croire qu'une chaussure élégante devait forcément faire mal, regardez celles-ci avant de renoncer. Ce ne sont que des chaussures. Mais le soir d'une longue journée, ça compte énormément.
Et comme la collection s'arrête, certaines pointures et certains coloris partiront vite. N'attendez pas le soir où vous ne pourrez, une fois de plus, pas danser.
À sept ans, j'étais debout sur les pieds de mon père. À soixante et un ans, je suis de nouveau debout sur les miens, et je danse.

