Je n'écris jamais ce genre de lettre. Mais depuis le mariage de ma nièce, plusieurs amies m'ont demandé la même chose, et il m'a semblé plus simple de l'écrire une bonne fois.
Sur une vieille photo, j'ai sept ans, une robe à smocks et des Mary Janes vernies aux pieds. Je ne les ai pas quittées de toute mon enfance. Puis sont venus les escarpins pour le bureau, les ballerines pour tout le reste, et pendant près de quarante ans, l'idée qu'une chaussure élégante devait forcément faire un peu mal.
On accepte tellement de choses « parce que c'est comme ça ». Les chaussures qui font mal en font partie.
Je m'étais acheté une belle paire pour l'occasion. Au bout d'une heure de cérémonie, je ne pensais plus qu'à une chose : m'asseoir et les enlever sous la table. Mon pied glissait vers l'avant à chaque pas, et la semelle ne me soutenait pas du tout.
C'est mon amie Béatrice qui m'a sauvée, avec sa propre paire. Une Mary Jane toute simple, avec une bride, qu'elle portait depuis le matin sans jamais la regarder. « Mattea, de Lucie Maison », m'a-t-elle dit. « Je les ai en marron et en noir. »

Celles de Béatrice. Je les ai commandées le soir même.
| Mes anciennes chaussures | La Mattea |
|---|---|
| Aucune bride, le pied glisse | Une bride qui assure le maintien |
| Semelle fine, sans soutien | Semelle de soutien |
| Intérieur dur, orteils écrasés | Doublure rembourrée qui amortit les pas |
| Semelle qui glisse sur le carrelage | Semelle antidérapante et durable |
| Réservées aux grandes occasions | Élégance décontractée, tous les jours |

Depuis le mariage, je ne les quitte presque plus.
« Je les ai portées à un baptême, de la messe jusqu'au dessert. Je ne les ai pas enlevées une seule fois sous la table. »
« La bride, c'est ce qui change tout. Mon pied ne glisse plus, même dans les escaliers du métro. »
« Mes petites-filles m'ont demandé où je les avais trouvées. J'ai pris le noir ET le marron. »
« Enfin une Mary Jane qui ne fait pas déguisement. Elle va avec un jean comme avec une jupe. »
Je serai honnête : en voyant le prix, j'ai d'abord cherché le piège. Lucie Maison, une maison suisse née à Genève en 2011, fête ses 15 ans et fait une promotion sur cette collection.
La Mattea est actuellement à CHF 64.95, au lieu de CHF 163.00. Il y a aussi des remises automatiques selon la quantité : 10 % pour deux articles, 15 % pour trois, 20 % pour quatre et 25 % à partir de cinq. Voilà pourquoi j'ai pris les deux coloris.
Cette collection est en cours d'arrêt et le stock est limité. Vous disposez de 30 jours pour retourner votre commande.
Si, comme moi, vous avez fini par croire qu'une chaussure élégante devait forcément faire mal, regardez celle-ci avant de renoncer. Ce ne sont que des chaussures. Mais le soir d'une longue journée, ça compte énormément.
Et comme la collection s'arrête, certaines pointures et certains coloris partiront vite.
À sept ans, je voulais des Mary Janes. À cinquante-neuf, j'ai enfin compris pourquoi.
